Histoire d’un dictionnaire « ordinaire » à l’extraordinaire (bizarre)/curieux
L’idée première était celle d’un dictionnaire de langue de spécialité (en diététique), résultant d’un travail terminologique, qui rende compte des variations sémantiques d’une liste de différents mots (ou « entrées lexicales* ») (§ 2) que nous avions décidé de retenir. Notre expertise clinique nous a cependant rapidement conduit à élargir le champ de nos investigations à des domaines de spécialité associés à l’alimentation dans différents types de discours, et surtout de tenir compte de la parole des patients. Ce sont donc ces discours (textes ou transcriptions d’entretiens) qui constituent notre base de données ou sources (§ 3). Un premier travail d’analyse a consisté à extraire, à partir des mots retenus comme entrées du dictionnaire, les éléments des contextes de ces mots dans cet ensemble de données, afin de permettre d’identifier leurs contenus sémantiques, et constituer ainsides corpora (§ 4). A la liste de mots se sont trouvées associées des définitions classiques des dictionnaires et une liste d’extraits textuels, de phrases ou de paragraphes, les plus caractéristiques des usages du mot en question dans les différents domaines sélectionnés comme corpus. L’analyse linguistique a permis d’identifier que les mots ne prenaient sens, dans leur usage en contexte dans les textes, que dans une relation différentielle avec d’autres mots, avec lesquels ils apparaissaient régulièrement ou au contraire qui s’excluaient l’un l’autre. C’est dès lors cet ensemble de mots et leur usage différentiel fondé sur des co-occurrences* ou des oppositions qui allaient devenir signifiant et nous a de fait imposé une réflexion plus large sur des mots eux-mêmes, dans notre conception globale de la diététique. Nous avons été conduits à renoncer à de simples définitions mais à préférer un mode d’expression sous forme de fiches (§ 6) intégrant des exemples, des citations et des récits d’expérience vécue, issus de notre expertise clinique. En outre, la déclinaison de ces fiches dans un ordre strictement alphabétique n’aurait pas pu rendre compte de ce travail de synthèse. Il nous a semblé que c’était un regroupement de ces fiches à l’intérieur de thématiques à l’œuvre dans notre pratique qui s’avérait davantage pertinent. C’est donc une structure en chapitres (§7), associant une introduction suivie de la liste alphabétique des fiches qui nous a semblé davantage lisible et utile dans notre pratique clinique auprès des patients comme des professionnels.
C’est ce parcours et les méthodes et outils mis en œuvre, que nous présentons dans ce chapitre.
Des mots ?
Une première exigence dans un projet de dictionnaire spécialisé est de repérer un ensemble de mots qui sont utilisés, qui semblent pertinents, signifiants, mais aussi problématiques, ambigus, polysémiques* et, de ce fait, sources de malentendus ou d’incompréhension, dans le cas présent entre nos patients et nous-mêmes (voire entre professionnels concernés par l’alimentation et la santé). Au départ il s’agissait donc de sélectionner des mots (le plus souvent des noms, des substantifs … mais aussi des verbes ou des adjectifs) qui relevaient du domaine de la diététique et de la nutrition. Un premier brainstorming nous a permis de dégager les mots qui étaient largement utilisés lors de nos consultations. Cependant, très rapidement, il est apparu que ces mots relevaient de deux registres de discours :
- d’abord des termes* acquis lors de nos formations en diététique et qui pouvaient être précisément repérés et définis dans les dictionnaires et ouvrages de diététique et nutrition.
- ensuite, les mots recueillis dans les paroles de patients lors de nos entretiens. Ces mots étaient des noms communs « ordinaires », nettement plus polysémiques* que ces (mêmes) mots (formes lexicales) que nous avions identifiés comme termes dans les discours spécialisés de la terminologie savante. Les verbes étaient privilégiés, dès lors qu’il ne s’agissait plus de termes de nomenclature* mais de récits d’expériences, qui imposaient d’introduire à ces formes verbales des sujets (à la fois grammaticaux et acteurs), des objets, voire des circonstances
Les mots choisis initialement
compulsion, dégoût, équilibre, faim, goût, goûter, rassasiement, satiété
Cette première liste nous a servi de point de départ et de terrain d’exercice pour la mise au point de notre méthode. La liste a ainsi évolué, nous avons ajouté quelques mots qui nous semblaient couler de source, et, aux formes nominales repérées dans les dictionnaires, nous avons ajouté les déclinaisons des formes verbales (ou adjectivales) de ces noms, ainsi que d’autres verbes.
Alimentation, aliments mais aussi, manger
Compulsion
Goût, dégoût, dégustation, déguster, goûter
Équilibre, équilibrer
Faim, avoir faim, n’avoir plus faim
Grignotage, grignoter
Nutrition, nourrir, nutriments
Rassasiement,rassasier
Régime
Satiété
La simple énumération de ces mots laisse rapidement apparaître des regroupements thématiques en étroite réflexion avec notre pratique professionnelle que nous avons utilisé comme hypothèses à valider dans l’analyse des corpus en en précisant les significations et leurs usages dans les textes et discours.
Un ensemble de sources
Une seconde étape a consisté à sélectionner des dictionnaires nous donnant des définitions attestées de l’usage des mots retenus et des textes qui nous semblaient emblématiques des discours sur la diététique et la nutrition et qui pouvaient être utiles dans notre pratique clinique.
D’où notre liste de textes retenus :
- D’abord les dictionnaires de langues commune pour chacune des entrées retenues dans notre analyse : le dictionnaire Robert et le TLFi (Trésor de la Langue Française informatisé) ?
- Des dictionnaires de spécialité
- dans le domaine de la diététique et de la nutrition et de l’alimentation, nous avons retenu le Dictionnaire de nutrition et diététique (2010) de J.F. Zazzo & M.C. Puissant (Éditeur : Maloine). Rédigé par des praticiens hospitaliers et des nutritionnistes et diététiciennes, il comprend plus de 1000 entrées distribuées dans 15 thématiques, « sur les bases métaboliques, les contraintes nutritionnelles liées aux pathologies, les recommandations validées en matière de nutrition, la politique de prévention ».
- dans le domaine de l’alimentation, nous avons choisi le Dictionnaire des cultures alimentaires de J-P Poulain PUF (2014) qui comprend 230 articles, rédigés par une grande diversité de collaborateurs, principalement des sociologues et anthropologues pour éclairer la question dans la diversité des cultures
- enfin le Petit dictionnaire curieux de l’alimentation, dont le sous titre « je mange donc je suis », par C. Lavelle et M. Martin, du Muséum d’Histoire Naturelle (2019). À travers ses 126 entrées de Abajoues à Zeste, ce petit dictionnaire nous invite à parcourir « du champ à l’assiette, ou encore de la fourche à la fourchette », un vaste terrain d’investigation dont les enjeux liées à la production, à la transformation et à la consommation des aliments sont à la fois sanitaires, identitaires, économiques, politiques et éthiques. »
- Des textes officiels, qui intègrent nos pratiques professionnelles dans un cadre institutionnel et permettent de prendre en compte la sémantique administrative « de référence » en matière de nutrition humaine et en santé publique
- Actualisation des repères du PNNS : révision des repères de consommations alimentaires, ANSES, décembre 2016, édition scientifique
- Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes, Santé Publique France, janvier 2019
- Plan National Nutrition Santé 4ème édition 2019/2023 (PNNS 4)
- Des documents professionnels édités par l’AFDN (Association Française des diététiciens nutritionnistes). 5 fiches pratiques ont été retenues :
- Fiche AFDN Sport
- Fiche AFDN Dénutrition
- Fiche AFDN Diabète
- Fiche AFDN IRC : Insuffisance rénale chronique
- Fiche AFDN FODMAP’S : acronyme qui désigne des glucides à chaînes courtes fermentescibles rapidement par les bactéries coliques : Oligosaccharides (fructanes et galactanes), Disaccharides (lactose), Monosaccharides (fructose) et Polyols.
- Des publications scientifiques, dans différents domaines de recherche académique
- « Les comportements alimentaires » publié par l’INRA (Institut National de la recherche agronomique) en 2010, expertise scientifique collective
- En histoire : Ariès : « Une histoire politique de l’alimentation : Du paléolithique à nos jours » de Paul Ariès, Max Milo Editions 2016, ouvrage numérique
- En anthropologie, et sociologie sur les pratiques alimentaires
- L’homnivore, de Claude Fischler, 2001, éditions Odile Jacob, formation epub
- Sociologies de l’alimentation, de Jean-Pierre Poulain (2005), PUF, cairn.info
- Des sondages ont été effectués de manière ponctuelle sur certaines entrées lexicales, dans deux textes
- Histoire de l’alimentation : sous la direction de Jean-Louis Flandrin et Massimo Montanari, éditions Fayard, 1996, ouvrage numérique
- Casseroles, amour et crises (ce que cuisiner veut dire), Jean-Paul Kauffmann, Armand Colin, Avril 2015
- En psychologie
- l’enquête PENSER MANGER, Alimentation et représentations sociales (1998) de Saadi Lahlou, éditions PUF,
- La meilleure façon de manger, les désarrois du mangeur moderne, de Michelle le Barzic et Marianne Pouillon, éditions Odile Jacob, octobre 1998
- En philosophie
- Le ventre des philosophes, critique de la raison diététique (1989) de Michel Onfray, Editions Grasset, coll Biblio essais,
- Enfin (et surtout) : des discours (oraux) de patients lors de consultations ou entretiens, qui ont été retranscrits au fur et à mesure du travail sur les mots
Un corpus
L’étape suivante a été de repérer les occurrences de chacun des mots (entrées lexicales) sélectionnés sur l’ensemble des sources (textes, documents et transcriptions retenus dont la liste figure ci-dessus).
Un premier calcul du nombre des occurrences* de ces différents mots dans les différentes sources a permis une évaluation quantitative de leurs fréquences d’occurrences, rapporté au volume des textes. Cette première approche permet d’identifier les fréquences d’usage de ces différents mots dans les différents domaines (sources) et leur importance dans les diverses conceptions de l’alimentation qu’ils expriment.
L’étape essentielle a cependant été de collecter les contextes d’occurrences (la phrase ou le paragraphe) dans lequel chacun des mots est inscrit (et qui constituent ce qu’il est convenu d’appeler en linguistique un corpus*). C‘est sur la base de cet ensemble de textes que pourront être menées les analyses qui permettent d’identifier plus précisément les variations sémantiques de ces mots dans chacun des contextes discursifs, dans les domaines de connaissances dont ils témoignent. Dans le cadre de notre recherche, nous avons appelé ce document de collecte la fiche scolaire.
Une analyse linguistique : des cooccurrences, des oppositions, des indicateurs pour une typologie de discours
Une première approche quantitative des occurrences permet déjà un certain nombre de remarques
Le nombre d’occurrences totales de toutes les formes (nominative, verbale et adjectivale) sur l’ensemble des formes analysées permet une première évaluation de la « mise en mots » (lexicalisation) et de l’importance des différents concepts repérés dans les textes sélectionnés (de quoi parle t on dans ces textes?)
Par exemple pour le mot régime, nous trouvons 600 occurrences toutes sources confondues
Plus précisément, la distribution des ces fréquences d’occurrences par catégories de discours permet d’identifier qui parle de quoi
Les différences d’occurrences sont évidemment liées à la taille des corpus. On peut alors voir que :
- les discours officiels privilégient le régime (48% des occurrences)
- l’AFDN : dietet.. (78 %)
- la sociologie : cuisine (60 %)
- la psychologie : équilibre (73 %)
- les patients : les occurrences se distribuent à part égale sur grignoter (24%), cuisine (24%) et régime (28%)
- Onfray : cuisine (42%) et dietit..(36%)
- l’anthropologie : cuisine (59%) et régime (35%)
Ces différences sont importantes et invitent à ne pas considérer les mots « en eux-mêmes » mais resitués dans leurs différents domaines de connaissances, d’expertise et de pratiques.
Inscription des mots en discours (analyse qualitative)
L’analyse la plus pertinente consiste cependant à repérer dans chacun des contextes d’occurrence, leur mode d’inscription, et surtout leurs variations d’un texte à un autre à travers
- les co-occurrences régulières qui associent différents mots ou au contraire qui les excluent, par exemple la co-occurrence “régime équilibré” retrouvé régulièrement dans les textes.
- les formes syntaxiques : nous avons été particulièrement attentif à l’usage des formes nominales (rassasiement) versus la forme verbale (rassasier) ou la forme adjectivale (rassasié).
- leur usage au singulier ou au pluriel, (le grignotage vs les grignotages) qui oriente l’interprétation soit vers une activité (activité de grignoter), soit vers des produits « produits de grignotage ») ou définit une extension plus ou moins grande du domaine de référence (la population vs les populations), a fortiori dès lors que les formes nominales sont associées à des adjectifs qui définissent la généralité ou au contraire des spécificité des concepts ou notions utilisées ( la population française).
- la forme nominale au féminin (la diététique) qui correspond à une entité ou au masculin (le diététique) qui corresponde à l’usage nominal d’une propriété : exprimée par un adjectif) (phénomène observé dans les études sur la couleur : une orange vs un orange)
Du sens des mots en contexte à des mots en pratique
Ces analyses linguistiques nous ont permis d’identifier des espaces sémantiques cohérents de mots associés et de leurs relations caractérisant la nutrition, la diététique, l’alimentation, les pratiques ou comportements alimentaires. Ces variations dans les formulations reflètent la complexité de l’acte alimentaire et la diversité des conceptions qu’il suscite dans les différents domaines tant institutionnels que scientifiques. Il s’agissait pour nous d’utiliser ces analyses en évaluant leur pertinence et l’intérêt dans le cadre des consultations de patients dans notre pratique professionnelle de diététicienne.
Dans le souci de rendre l’ouvrage à la fois pédagogique et d’y associer notre expérience clinique, nous nous sommes inspiré dans un premier temps de la forme des dictionnaires curieux qui fleurissent actuellement, et qui, ne se contentant pas d’une simple (ou de simples) définitions, agrémentent les rubriques des différents mots de commentaires et d’anecdotes plus personnelles de/des l’auteur /s. Dans notre cas, il s’agissait donc d’inclure des récits d’expériences (cliniques) résultant de notre pratique professionnelle en diététique et nutrition qui pouvait se traduire par la prise en compte des paroles de patients.
En bref il s’agissait de rendre compte de l’usage des mots et leurs significations repérés dans les différents domaines de connaissances mais d’y inclure l’usage qui en est fait dans les discours des différents acteurs impliqués non seulement en nutrition mais plus généralement dans le domaine de l’alimentation et des pratiques alimentaires en y incluant (la subjectivité) des patients généralement invisibilisés dans les discours académiques ou officiels mais que nous avions le souci de prendre en compte dans le quotidien de nos pratiques professionnelles.
Les « entrées de dictionnaires » se sont donc trouvées reformulées réécrites sous formes de fiches nous permettant d’inclure des récits, anecdotes issues de notre expérience clinique, illustrant la prise en compte « sur le terrain », des décalages sémantiques pour les différents mots.
Ces fiches s’appuient sur
- les définitions de sens commun repérées dans les dictionnaires de langues
- les définitions terminologiques des mots repérés dans les dictionnaires de spécialité (nutrition par exemple) ou spécialisés dans un domaine disciplinaire (sociologie, anthropologie)
L’originalité des fiches est que la sémantique de ces mots est aussi repérée
- à partir de l’analyse de leur(s) usage(s) en discours (tant normatifs, administratifs, de différentes disciplines)
- mais aussi et surtout à partir des analyses des transcriptions d’entretiens de patients, qui parfois, donnent eux-même leur définition
C’est cette dernière analyse qui devrait permettre d’identifier ce que ces mots disent mais aussi ce qu’ils suggèrent à travers leurs usages en les situant dans le contexte des situations auxquelles ils réfèrent. Le praticien a ainsi accès au repérage d’associations (implicites) qui contribuent à la sémantique de ces mots pour le patient/locuteur, et permet au praticien de comprendre ce que le patient a voulu dire (éventuellement en avoir une conscience claire). En effet, la sémantique des mots identifiée en discours inclut (et se démarque) des représentations collectives partagées exprimées dans les discours convenus, génériques et décontextualisées, et la mention d’éléments (généralement considérés comme) « contextuels » auxquels ces mots font référence permet d’identifier la spécificité des représentations individuelles de chaque patient. En particulier, ces éléments de « contexte » permettent d’identifier des évaluations, jugements, qui ne sont pas (possible) ou qu’il lui est difficile d’expliciter a priori (censure, tabou, politiquement correct etc .. ) mais qui traduisent le déplacement sur les questions de nutrition ou d’alimentation d’autres causes, déterminants du mal être ou de comportements « déviants » ainsi repérables dans les entretiens avec les patients et qui marque la spécificité de l’expertise clinique en diététique. C’est ce que ce dictionnaire « pas comme les autres » essaie de transmettre à partir d’une analyse linguistique « objective » des discours des patients.
Ces méthodes d’analyse linguistique sont fondées sur une certaine conception de la sémantique développée et mise en œuvre plus spécifiquement pour rendre compte de l’expérience sensible. Cette analyse linguistique s’inscrit comme outil permettant d’accéder à la diversité des représentations cognitives des patients (qui inclut donc les représentations expérientielles individuelles et représentations collectives et partagées) et s’appuie sur une conception holistique et située de la cognition humaine (en opposition à une conception qualifiée d’« intellectuelle » héritée des modèles informatiques de traitement de l’information).
Chaque entrée peut être suivie d’une liste de quelques mots renvoyant à d’autres entrées afin d’illustrer plus largement un champ sémantique* de mots similaires ou contrastés qui peuvent leur être associés.
Et même si l’ensemble du travail est largement collectif, tant pour la sélection des mots à retenir, leur repérage et l’analyse de leur fonctionnement dans les différents corpus, que dans leurs illustrations dans des récits de patients, chaque fiche a une signature personnelle, où se manifeste la diversité de nos propres expériences et sensibilités professionnelles.
Des chapitres
Le regroupement thématique qui a émergé de l’analyse linguistique, a été intégré à la réflexion collective sur nos pratiques et a conduit à présenter les fiches (alphabétiques) au sein de chapitres.
De la forme de dictionnaire subsiste donc une liste de mots, un répertoire lexical dont la liste alphabétique figure en annexe avec le numéro de pages où chaque entrée est traitée. Mais ces différents mots sont distribués en sections (ou chapitres) qui constituent l’illustration d’une des nombreuses facettes du fait alimentaire, contribuant ainsi à expliciter la conception holistique de la diététique et la nutrition qui est la nôtre.
Chapitre 1. A comme Alimentation
Ce chapitre précise le champ général des définitions de l’alimentation et du fait alimentaire. Le bilan différentiel des occurrences manifeste un contraste majeur entre les discours officiels sur la diététique et les discours scientifiques (des sciences humaines en particulier).
Chapitre 2. QUOI, que mange-t-on?
Le chapitre 2 commente le contraste observé dans les occurrences différentielles de nutrition et alimentation qui se retrouve dans les usages différentiels de NUTRIMENTS versus ALIMENTS. Dans notre pratique clinique, les uns sont souvent utilisés à la place des autres, et inversement, d’où la nécessité d’éclaircir certaines formulations.
Chapitre 3 « COMMENT mange t on ? »
Ce chapitre renvoie plus précisément à la cuisine, aux habitudes alimentaires et manières de manger éclairées principalement par les discours de sociologie, et de ce fait moins directement centrés sur les aliments.
Les pratiques sont investies de valeurs et significations collectives qui influencent ou déterminent les comportements alimentaires individuels en fonction de l’appartenance des individus à des espaces sociaux différents.
Chapitre 4. QUI mange ?
Enfin sont pris en compte LES MANGEURS qui se trouvent différemment qualifiés en fonction des différentes dénominations qui leur sont attribuées dans les différents textes (en relation avec ce qu’ils mangent, les aliments eux-mêmes comme mangeurs de …)..
Chapitre 5 : Le corps, les corps
Ce chapitre veut explorer les articulations entre les représentations collectives, voire les injonctions autour du corps, et la manière dont chaque individu tente de s’y conformer. L’accompagnement autour de la question corporelle est assez peu réalisé par les professionnels de santé, alors qu’il est fondamental dans la prise en soin, et peut être source de nombreux malentendus, en fonction du corps auquel on fait référence.
Chapitre 6 : les manières de Manger
Avec une perspective centrée sur les mangeurs, ce sont les aspects comportementaux individuels de l’acte alimentaire qui sont ici mis en avant. Ces notions sont habituellement peu abordées dans les pratiques des nutritionnistes, davantage centrés sur les aliments et la physiologie de l’alimentation.
Chapitre 7 : les mangeurs et leur subjectivité
Le chapitre aborde des concepts relevant du « subjectif », de l’expérience subjective des mangeurs, de leur ressentis, de leur sensorialité, de leurs émotions comme de leurs croyances, leurs goûts et dégoûts, non plus comme normes sociales mais comme vécu individuel.
Chapitre 8 : Les acteurs en diététique, les soignants et praticiens – Des mangeurs aux PATIENTS
Ce chapitre questionne le rôle des différents acteurs concernés par la nutrition, et notamment celui des diététiciens nutritionnistes dans leur fonction de médiateur et d’éducateur. Il explore également leurs liens avec les autres personnes susceptibles d’influencer les pratiques individuelles.